Actions Educatives Familiales Nivernais-Morvanà Lormes et à Château-Chinon ... pour le moment !
Depuis octobre 2008, chaque semaine, des parents et des grands-parents, souvent pas très à l’aise avec l’écriture, le calcul, les devoirs à faire faire aux enfants, les « papiers », les démarches,...
Avant de continuer, voici un document vidéo synthétisant la démarche de ces ateliers.
![]() |
![]() |
... se rencontrent, débattent, échangent, cherchent, se forment, ...
![]() |
![]() |
... pour mieux accompagner leurs enfants ou petits-enfants dans leur développement à l’école et à la maison ...
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
... sans oublier la convivialité !
Paroles de parents :
« On apprend pour les enfants, parce qu’on ne sait pas tout. C’est beau ! »
’Si mon gamin me voit écrire, il écrira...’
’Moi je dis que j’ai repris mes études, j’en suis fière’
« C’est pour aider nos enfants et petits-enfants à mieux grandir »
Les Actions Educatives Familiales commandées par le Haut Commissariat aux Solidarités Actives (Martin Hirsch) et l’Agence Nationale de Lutte contre l’Illettrisme, sont menées sous forme d’une Formation-Recherche-Action.
De notre travail doivent ressortir des propositions pour que les parents qui ne maîtrisent pas complètement l’écrit et les « savoirs de base » puissent mieux accompagner leurs enfants vers la réussite scolaire, et faire valoir leur droit à la formation tout au long de la vie.
Le 16 juin 2009, à Château-Chinon, le groupe Actions Educatives Familiales a présenté son travail devant 50 personnes : enseignants, travailleurs sociaux, animateurs, formateurs, journalistes, bénévoles...
Ce que nous avons réalisé :
Depuis octobre 2008, nous avons travaillé sur des sujets qui nous intéressent (choisis par vote) et produit des livrets sur « Une journée à l’école », « Quand deux groupes se rencontrent »,« Mais que se passe-t-il ? Mon enfant grandit », « le Guide des bonnes pratiques du formateur aux savoirs de base », « Croiser les regards pour changer de regard (sur les travailleurs sociaux) », des pochettes thématiques sur « Mobilité », « Alimentation », des contes écrits par les parents en collaboration avec les stagiaires BAPAAT (formation professionnelle d’animateurs), un jeu de lecture pour les jeunes enfants.
Paroles de parents :
Quand on dit de quelqu’un qu’il est illettré, on lui coupe l’herbe sous le pied, on le met à genoux, ça veut dire que cette personne elle ne va jamais rien faire de sa vie, eh bien c’est pas vrai ! Ouvrez les portes, laissez les portes ouvertes pour tous ces gens qui sont comme nous.
Cequece travail a commencéà changer, pour nous et pour les autres :
Paroles de parents :
Ça a amélioré le comportement avec ma fille et avec mon gendre... Je peux mieux m’expliquer avec eux. J’ai fait des efforts pour m’exprimer et lire. La famille s’en est aperçue et m’encourage.
Ce que l’AEF a apporté,... le comportement dans mon couple, le changement avec mon fils, on est plus proche...
Moi je rappelle quand mes filles allaient à l’école et qu’elles me demandaient de faire leurs devoirs, j’étais incapable de les aider, je prenais le cahier, je le balançais sur la table et je leur disais « ne venez pas me casser les pieds avec vos devoirs ». Maintenant que j’ai des petits- enfants je ne voudrais pas refaire la même bêtise que j’ai faite avec mes enfants... C’est pour ça que je viens à ECLORE (atelier de formation aux savoirs de base du CFPPA du Morvan à Château-Chinon) et l’AEF en même temps.
Je fais plus attention à mes enfants, et eux s’intéressent à ce que je fais, c’est réciproque. La semaine dernière mon mari est venu au groupe de recherche pour voir ce qu’on fait. Depuis que je fais l’AEF, il me pose des questions. Avant, je ne faisais pas grand chose d’intéressant, toujours les mêmes choses, à la maison. Grâce à l’atelier du CEL (atelier de formation aux savoirs de base d’AGAI Formation à Corbigny) j’ai passé le CFG, (Certificat de Formation Générale, diplôme de niveau V) je ne pensais pas l’avoir, j’ai eu la grande joie de l’avoir, et Emmanuel, mon grand fils, a été fier de dire à ses profs que j’avais passé le CFG et que je l’avais eu. Il a montré à ses camarades que ce n’était pas une fatalité, qu’on pouvait y arriver...
Maintenant j’arrive à aller aux réunions de l’école et à prendre la parole. Avant j’y allais avec l’éducateur, il était obligé de m’accompagner et des fois de parler à ma place. Maintenant j’arrive à le faire toute seule, à prendre des décisions,...
Ce qui a changé, c’est que maintenant j’accepte ce qu’on me dit... Avant, avec la puéricultrice, j’élevais la voix, je n’écoutais pas ce qu’on me disait... Maintenant l’assistante sociale, je l’écoute beaucoup, je la laisse parler... On arrive à m’accompagner, ça va beaucoup mieux...
Je sais remplir des papiers, passer une commande... Comme je travaille chez une personne âgée comme garde de nuit, des fois le matin avant que je parte, elle me demande de faire une liste de courses. Avant je n’osais pas l’écrire parce que je ne savais pas et que j’avais peur de faire pas mal de fautes. Maintenant je sais le faire,...
Avant que je fasse l’AEF, j’étais invisible, c’est vrai, on passait près des gens sans que les gens nous voient. Maintenant en osant aller vers les gens on devient visible... Moi personnellement j’avais peur de parler aux gens qui étaient en costume, c’était stupide, je sais... Un costume c’était signe de supériorité... Maintenant je pourrais aller parler à quelqu’un en costume.
... Et aussi :
Mme S. a décidé d’arrêter l’atelier ECLORE en juillet (mais pas AEF) pour s’inscrire à la rentrée en formation qualifiante (CAPA Services en Milieu Rural) dans le but de trouver ensuite un emploi dans le commerce.
M. S. a participé à une journée de découverte des métiers agricoles de la maison de l’emploi et de la formation et l’association Avenir, et le Point Contact Emploi Partagé (Maison de la Solidarité). Ila su se présenter et mettre en avant ses compétences. Une semaine après il a eu une proposition d’emploi pour un remplacement, mais la personne remplacée est revenue et l’emploi s’est interrompu. Mais M.S. adécouvert qu’il ne devait plus accepter de se faire exploiter. Il a pris conscience qu’il était capable detravailler comme un ouvrier « normal »...
Mme D. a repris confiance en elle et a retrouvé un emploi depuis 4 mois : garde de nuit auprès d’une personne âgée. Pour qu’elle puisse venir travailler, sa patronne lui a acheté une mobylette.
Mme B. encouragée par sa réussite au CFG a décidé de se faire opérer des yeux, car« forcément, quand on est arrivé à faire quelque chose comme ça, on continue. (...) S’il n’y avait pas eu de groupe, j’aurais reculé l’échéance de l’opération, je ne me serais peut-être jamais fait opérer, avec le risque un jour de ne plus voir. (...) Après j’ai le projet de passer mon permis pour être encore plus autonome, et après faire une formation qualifiante, et après travailler... avant mes quarante ans. »
Mme V. a passé et obtenu l’agrément pour accompagner les enfants de la maternelle à la piscine. Elle participe ainsi à la vie de l’école.
Ce que disent les personnes que nous rencontrons :
« Je me suis aperçue qu’une élève de ma classe avait fait d’énormes progrès scolaires depuis que sa maman avait entamé une formation. Ma réflexion, conduite par les apports de ce projet, m’a permis de mieux analyser tout cela. (...)Jai été stupéfaite par les paroles des parents et surtout des grands-parents, et sur leurs idées concernant l’école. Puis, j’ai trouvé formidable que des parents et surtout des grands-parents se donnent les moyens d’avancer, de reprendre là où l’école les avait laissés. Cela m’a beaucoup touchée mais aussi beaucoup bousculée en tant qu’enseignante.Grâce à ce projet, cette année, ces hommes et ces femmes ont été réconciliés avec l’école, c’est génial ! (...)les personnes présentes m’ont beaucoup apporté. Je ne suis pas sûre qu’elles mesurent la portée et l’importance de leur travail et l’impact que cela a eu sur moi. » (Mme Baumann, enseignante à Château-Chinon)
« Nous, on croyait en vos capacités, en vos ressources, et vous nous prouvez que vous êtes capables de beaucoup de ressources et vous nous le montrez aujourd’hui. Si vous pouviez avoir cette force qui fait qu’en parlant de votre propre expérience et du courage et de la force que vous avez trouvés pour nous montrer toute votre valeur, si vous pouviez témoigner auprès d’autres personnes qui n’osent pas franchir ce pas-là , je pense que c’est vous qui arriverez à convaincre avec vos mots, plus que nous avec nos discours qui paraissent moralistes, même quelquefois durs, méchants,... (...) L’objectif c’est toujours d’arriver à mobiliser tout ce qu’il y a de positif en vous, et bien sûr en premier lieu autour de l’intérêt de votre famille, de vos enfants, et pouvoir retrouver cette confiance en vous qui fera forcément de vous des personnes beaucoup plus belles aux yeux de vos enfants. » (Mme Saint-Gérand, responsable de site au Conseil Général)
« L’hypothèse selon laquelle l’action auprès des parents et grands-parents aura des répercussions sur leurs enfants et petits-enfants en termes de scolarité au sens large (confiance en soi, attitude scolaire – devenir élève, progrès et apprentissages) me semble tout à fait pertinente. On voit même que les répercussions vont au-delà du scolaire (vie de couple, vie de famille, vie sociale, hygiène et santé...). Ce type d’action ne fait pas “évoluer” que les parents et grands-parents. Les professionnels eux-mêmes (les enseignants en particulier) voient leurs conceptions et leurs pratiques bouger. » (M. Robardet, Inspecteur de l’Education Nationale)
Et maintenant, pour aller plus loin...en 2009-2010 nous avons prévu :• un travail sur le calcul et la fabrication d’un jeu éducatif• la réalisation d’un film sur notre expérience et une formation à la video• la rencontre d’autres groupes semblables en France et en Europe ...
Paroles de parents :
« Petit à petit, on quitte le nid, mais on doit continuer à se battre pour donner aux autres le droit d’apprendre »« Ça fait du bien d’être visible ! »
« J’ai trouvé le marteau pour casser le mur et reprendre ma liberté »
Pour en savoir plus, contactez :ALECTA (Thierry Leutreau 03 86 85 29 21), CFPPA du Morvan (03 86 79 49 30), AGAI Formation (03 86 20 26 26)les centres sociaux cantonaux, l’école de vos enfants, les travailleurs sociaux du Conseil Général, MSA, CAF, ...

envoyer par mail
Version imprimable












- Lycée: O3.86.79.49.80 / Centre de formation: 03.86.79.49.30

